La passion autour du hors-stade

Pourquoi autant de passion autour du hors-stade ?

Discipline athlétique récente en France (son existence « officielle » ne date que du début des années 1980), le hors-stade, communément appelé course sur route, se développe partout et voit son nombre de pratiquants augmenter de jour en jour. Tout le monde est unanime pour reconnaître les bienfaits de cette pratique.

Pourtant, au sein même de la grande famille de l’athlétisme, cette nouvelle venue avait commencé par essuyer dédain, mépris, voire rejet de la part de certains « puristes ». Grâce à son succès grandissant, elle a cependant réussi à se faire une place au milieu d’autres disciplines considérées comme plus nobles. Malheureusement, elle fait toujours débat et suscite continuellement encore de nombreux griefs.
Pour essayer de comprendre les raisons de cette méfiance persistante, il serait utile de passer en revue les principaux reproches adressés au hors-stade et d’y apporter ensuite quelques éléments de réponse.

Premièrement, selon les détracteurs du hors-stade, « la course sur route ne serait pas de l’athlétisme » et détournerait les pistards du stade. Cet argument ne se justifie nullement. Ainsi, pour marquer des points FFA pour son club, il faut qu’un senior (moins de 40 ans) coure le 10 km en 38’01’’ ou moins, le semi en 1h21’ ou moins, et le marathon en 2h59’ ou moins. Ensuite, pour se qualifier aux championnats de France sur ces trois distances, ce même senior devra courir en 34’ ou moins, 1h15’ ou moins et en 2h45’ ou moins! Ne peut-on pas considérer ces chronos comme des performances authentiquement athlétiques? Certains des contradicteurs du hors-stade ne les ont certainement jamais réalisées dans leur carrière!

Quant à dire que les pistards à partir du demi-fond sont détournés du stade par la route, c’est leur faire bien peu confiance. Ceux-ci, selon moi, sont parfaitement à même de privilégier les objectifs importants sur piste et de s’aligner seulement de temps en temps au départ d’une course sur route conviviale dans le cadre de leur préparation. D’ailleurs, ce sont souvent les mêmes qui gagnent sur les deux terrains. Ainsi, la route ne « tue » pas la piste, mais peut même la compléter efficacement.

D’autres esprits chagrins pensent aussi que le hors-stade échappe à la fédération et ne lui rapporte rien. Comment peut-on « oublier » aussi facilement que beaucoup de coureurs sur route sont licenciés FFA ou détenteurs du pass-running, et que le hors-stade a rapporté à la France ces dernières années de nombreuses médailles internationales sur les 100 km, 24 heures et courses de montagne? Si l’on enlevait tous les « runners », combien de licenciés resterait-il à la Fédération?

Un autre reproche des adversaires du hors-stade est qu’il est difficile à gérer et à contrôler. A mon sens, le hors-stade ne fait pas bande à part. Il ne demande ni plus ni moins qu’à s’intégrer, à avoir sa juste place au sein de la Fédération. A ce titre, avez-vous remarqué que jamais le hors-stade ne critique les autres disciplines de l’athlétisme traditionnel? Jamais nous ne dirons que la carrière moyenne d’un sprinter s’achève à 35 ans alors qu’à cet âge, le demi-fondeur, hors-stade ou non, a encore de belles années devant lui! Pourquoi le hors-stade ne bénéficie-t-il pas du même respect? Qu’a-t-il donc fait pour être traité aussi injustement?

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